Pascal, artisan maçon quadragénaire, galère au quotidien pour joindre les deux bouts. Privé de son permis de conduire, il n’a plus qu’une envie : quitter Lyon et partir deux mois, sur le chemin de St Jacques de Compostelle. L’occasion de retrouver, au bout de 10 jours de marche, ses racines aveyronnaises : le bassin houiller de Decazeville, une étape pourtant évitée par la plupart des pèlerins. Mais le chemin est vecteur d’enseignement et de prise de conscience…

Et voilà l’histoire du «Pays Noir» qui refait surface, avec un défi de taille pour Pascal : réussir à voir au-delà des préjugés qui ternissent encore l’image de ce territoire.

L’expérience du «Pays Noir» transformera son regard...

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Le chemin de Compostelle
Dans une société qui court sans cesse, partir sur le chemin de Compostelle, c’est s’accorder une trêve du quotidien de 2 mois ou quelques semaines pour ralentir le pas … une façon de se remettre à l’écoute de ce qui aurait pu échapper, en renouant avec une nature grandiose qui réveille la perception du Beau et du Vrai.
Dans Réexister, vous allez suivre Pascal, artisan maçon devenu pèlerin, dans son parcours de l’Aubrac aveyronnais à Cahors, sur la «Via Podiensis», la voie du Puy, également très prisée des randonneurs en tant que «GR65». Vous allez découvrir ou retrouver le bien-être et la quiétude des paysages naturels du haut plateau de l’Aubrac et de la vallée du Lot. Vous allez traverser des villages classés vibrants d’authenticité comme St Côme d’Olt, Estaing, Conques sans oublier les sites remarquables du Lot, Figeac et Cahors dont le pont Valentré est classé au patrimoine de l’Unesco.
Vous allez ressentir l’esprit du chemin : un chemin ouvert à tous, où se côtoient de multiples cultures, croyances, traditions et nationalités, dans le partage et la fraternité ; un chemin qui pousse à aller chaque jour «Ultreïa et suseïa», ce qui signifie «toujours plus loin, toujours plus haut».
Un cheminement physique et intérieur
Marcher, c’est d’abord vouloir «s’aérer la tête», se changer les idées, s’ouvrir à la nature pour mieux se retrouver, en soi. Les paysages sont là, divers et variés, immenses et magnifiques, pour faire oublier au marcheur le côté moins idyllique des premiers jours de marche : souffrance physique, fatigue et peur de ne pas pouvoir arriver au but fixé.
Et puis, passée la phase de mise en route, les doutes du marcheur laissent place au bonheur de l’instant présent et à la quiétude…
À ce moment-là, celui qui marche «dans le silence et la solitude» peut alors percevoir des choses qu’il ne percevait pas jusqu’ici, entendre cet «essentiel», habituellement étouffé par le bruit et l’agitation extérieure. C’est la «petite voix» qui se manifeste au pèlerin, arrivé sur l’Aubrac*, une voix intérieure, inspirée et omnisciente qui va accompagner Pascal tout au long du chemin, lui révélant la beauté profonde de ce qu’il voit, au-delà des sombres apparences.
* étymologiquement «Alto Braco» signifie le «Haut Lieu», un lieu qui donne l’impression d’être plus proche du ciel que de la terre.
L'ancien Pays Noir
Après la beauté évidente de Conques, étape rayonnante de lumière et de spiritualité, le chemin va conduire Pascal sur un territoire déshérité et fui de la majorité des autres pèlerins : un ancien «Pays Noir» né du charbon et de l’acier au début de la révolution industrielle, qui n’a guère changé de couleur dans l’esprit de ceux qui le regardent encore de loin…
Sa présence sur le chemin de Compostelle laisse perplexes ceux qui ont justement choisi de rompre avec le quotidien, son trop plein de choses en tous genres, son vide existentiel. Comment un vieux bassin minier et sidérurgique, à l’origine-même de notre société moderne peut-il avoir sa place sur un chemin aussi authentique et spirituel que celui de St Jacques de Compostelle ? Pascal va trouver la réponse dans l’écoute intérieure, à travers la « petite voix » qui accompagne son cheminement.
Un voyage initiatique
Pour le pèlerin de retour au «Pays Noir», le parcours dans le bassin houiller se fait à une double échelle, spatiale et temporelle. La «petite voix» qu’il entend de l’intérieur, l’initie en chaque lieu traversé et le conduit à retourner dans le passé, au temps du carbonifère, des paysans mineurs du moyen-âge, des débuts industriels, des luttes ouvrières, de Jules Guesde et de Zola. De découvertes en prises de conscience, le regard du pèlerin fait tomber les voiles de l’ancien «Pays Noir» et révèle une autre réalité pleine de grâce, de richesses et de beauté intérieure.
Transformer notre regard
La vie nous montre que c’est en donnant que l’on reçoit. De même, c’est en faisant «réexister» intérieurement un territoire déshérité et rejeté, que le pèlerin va d’une certaine manière, lui-même «réexister», en découvrant le pouvoir de transformer son regard, à tout moment et en tout lieu, pour une perception plus profonde de la réalité et une vie plus épanouie.
Ce message va d’ailleurs lui être rappelé dans une lettre écrite par son grand-père lui donnant quelques recommandations sur la façon d’appréhender le monde, quand bien même tout semblerait noir : ne jamais oublier de se tourner vers l’intérieur et revenir à ce que l’on sait au plus profond de soi. «La vie est fabuleuse à condition d’adopter le bon regard.»